Histoire de l'Abbaye de Saint-Papoul

 

Saint Papoul

Le culte de saint Papoul, ermite de la forêt d’Antioche en Lauragais au Vème ou VIème siècle, a été associé depuis le XIème siècle au culte de saint Sernin, premier évêque de Toulouse (IIIème s.). Ces deux versions de sa vie se rejoignent sur l'histoire de son martyre. À 3 km du village, au lieu-dit de l'Ermitage, agenouillé, les mains jointes, attaché à un chêne, un coup de glaive aurait tranché le sommet de son crâne. À cet endroit jaillit depuis une source prétendue miraculeuse aux nombreuses vertus.

Les origines

Des ermites établis sur le site du martyre se seraient déplacés au VIIIème siècle pour fonder l’abbaye à l'emplacement qu'on lui connaît aujourd'hui. La première mention connue du monastère apparaît en 817 dans un acte de Louis le Pieux : elle n’est alors redevable au souverain que de prières en raison de ses faibles revenus. Louis le Pieux

Age d'or

Au XIème siècle, l’abbaye, régie par la Règle de saint Benoît, connaît une période prospère grâce au moine Bérenger. Modèle de vertus, des miracles se seraient accomplis de son vivant et sur sa tombe entraînant un pèlerinage.
En 1119, l’abbaye, affaiblie, est réunie à celle d’Alet. Au cours du XIIème siècle, elle semble s'être enrichie puisqu'elle acquiert la seigneurie de Villespy en 1209 et qu'elle fait décorer le chevet de l'église abbatiale par le Maître de Cabestany, célèbre atelier de sculpture romane. Chevet sculpté
L’abbaye de Saint-Papoul joue un rôle modeste dans la Croisade contre les Albigeois. D’après les sources, au cours d’une nuit d’été 1241, seul un commando d’une cinquantaine de cathares venu délivrer deux Bons Hommes a créé des tensions entre les deux religions. Jourdain de Roquefort, grand seigneur cathare, serait même inhumé dans le cloître en 1233. La même année, l’abbé acquiert la seigneurie de Saint-Papoul des mains de cette puissante famille. En 1234, le monastère de Camprodon (Espagne) lui est confié par l’abbé de Moissac.

En 1317, le pape Jean XXII crée l'évêché de Saint-Papoul, issu du morcellement de celui de Toulouse. L'abbé devient évêque et les moines deviennent des chanoines. De 1317 à 1790, trente-quatre évêques vont se succéder sur le siège épiscopal (sept finirent Cardinaux).

Déclin

L’abbaye connaît des temps troubles lorsqu’elle est pillée par les "routiers" en 1361, puis en 1412 par les Bourguignons, et à nouveau en 1595 par les calvinistes. Au cours des XVIIème et XVIIIème siècle, d'importantes restaurations sont entreprises.

L'époque révolutionnaire met fin à l'évêché de Saint-Papoul, l'église cathédrale devient église paroissiale et son cloître est saccagé par la mise en vente des éléments en marbre.

Il faut attendre son classement aux Monuments Historiques en 1840 pour que la Commune débute les restaurations.